Comment as-tu imaginé le décor et la mécanique de l’espace pour Rhinocéros ?
Avec Marie-Ève Milot, la metteuse en scène, on aimait cette idée du rétrécissement, de la réduction, mais on se demandait comment rétrécir l’espace sur une scène aussi grande que celle de Denise Pelletier, dans un souci d’efficacité et d’économie. Quand j’étais petit, mes parents avaient une machine pour faire des frites, une sorte de mandoline, mais avec un levier qu’on abaisse sur une grille. Ça peut paraître idiot, mais ça m’a inspiré pour créer l’espace qui rétrécit avec un geste très clair et très simple. L’image de la locomotive me revenait régulièrement aussi ; quelque chose de mécanique, propulsé par de la machinerie lourde. Ça rappelle également le rhinocéros, un animal qui a littéralement l’air d’un char d’assaut !
Pourquoi la pièce résonne-t-elle encore autant en 2025 et comment s’inscrit cette scénographie dans ta démarche globale ?
Quelque chose d’un peu kafkaïen, mais avec une grande légèreté et de l’autodérision qui ramène vers le clown et la poésie. Je trouve que ça équilibre le tout, plutôt que de tomber dans quelque chose de trop sombre et cynique. Avec le niveau d’humour de Ionesco et l’iconographie de l’animal, la pilule passe plus facilement.
