En 1929, après avoir obtenu son baccalauréat, il commence des études en littérature française à l’Université de Bucarest. Très rapidement, il commence à publier des poèmes et, de façon abondante, des articles et des essais critiques dans plusieurs périodiques littéraires et artistiques. En 1934, à peine âgé de vingt-cinq ans, il crée une commotion dans les milieux littéraires et artistiques roumains en publiant un ouvrage satirique et polémique intitulé Nu (Non, en roumain). Déjà, dans cet ouvrage, Ionesco fait preuve d’une étonnante indépendance d’esprit en disant non aux conformismes sociaux, littéraires et artistiques de son milieu.

En 1936, il épouse Rodica Burileanu ; ils auront une fille en 1944 : Marie-France. À cette époque, il enseigne le français à Cernavoda, une ville de garnison. Puis il quitte la Roumanie, que des mouvements fascistes commencent à agiter politiquement, pour venir étudier à Paris en 1938. Mobilisé en 1940, il doit rentrer en Roumanie mais, en 1942, il réussit à revenir en France pour s’établir à Marseille, en zone libre.

Dès 1952, on rejoue la Cantatrice chauve et la Leçon, et Gallimard, en 1954, publie un premier volume de ses pièces. Puis Amédée ou Comment s’en débarrasser (1954) et Jacques ou la soumission (1955) confirment l’importance d’Ionesco dans le paysage théâtral. Quand, en 1957, la Cantatrice chauve et la Leçon sont de nouveau reprises au Théâtre de la Huchette — où elles sont encore à l’affiche — on peut dire qu’Ionesco est devenu un dramaturge majeur. Pendant les vingt années qui suivront, il sera le plus joué, et avec Beckett, le plus discuté des dramaturges dits de l’absurde.

En 1991, il connaît cet honneur de voir l’ensemble de son théâtre publié de son vivant dans la Bibliothèque de la Pléiade, la collection de prestige des éditions Gallimard. Dans la magnifique introduction qui ouvre ce volume, Emmanuel Jacquart décrit bien la nature littéraire d’Ionesco : « Poète-humoriste tel Prévert et Queneau, doté comme Lewis Carroll d’un sens du non-sens qui s’allie à une imagination créatrice débordante et à une faculté d’étonnement qui étonnerait Socrate, Ionesco évolue avec naturel dans la dérision et le tragi-comique. Il a lancé son défi aux conformismes de tous bords, froissé quelques susceptibilités, et laissé une empreinte profonde sur le théâtre de son époque. »

Il meurt le 28 mars 1994.

 

 

– Paul Lefebvre


Source : La Pléïade

*Note : À compter du début des années 50, Ionesco a fait croire qu’il était né en 1912 pour montrer qu’il appartenait à la jeune génération des auteurs d’après-guerre. Nombre d’ouvrages et d’études antérieurs aux années 1990 donnent 1912 comme sa date de naissance.