Gabriel, quand as-tu eu le déclic ou l’impulsion de créer une pièce de théâtre à partir de ton histoire ? À quel moment as-tu compris que ça pouvait faire œuvre utile que d’en parler ?

David, comment as-tu pris ta place comme créateur dans l’histoire de ton ami ?

Comment avez-vous navigué entre facteur de prévention et possible effet de contagion ?

Justement, quels sont les principaux défis ou moteurs artistiques avec une matière comme celle-ci ?

Comment ta vision de la transmission et du futur s’est transformée à travers le processus créatif ?

Une famille, c’est un peu comme la distribution d’une pièce de théâtre. On a tous nos étiquettes, nos dynamiques. Si on enlève un personnage, son texte et son énergie doivent se retrouver quelque part, sinon la pièce ne fonctionne plus. En perdant mon frère, je ne vivais plus seulement ma vie, mais la sienne aussi. Aujourd’hui, je suis libéré de ce poids-là. Je suis le père de mon fils, parce que moi, Gabriel, je voulais avoir un enfant et non pas parce que je cherchais à combler des attentes ou à vivre deux vies. Au fil de la création, il y a un grand travail thérapeutique qui s’est fait en filigrane. Le fait de m’exprimer m’a permis de mieux me comprendre à des niveaux insoupçonnés.