Julie Vincent : On décrit le spectacle comme un conte théâtral multidisciplinaire. Qu’est-ce que ça veut dire multidisciplinaire ? Ça veut dire qu’il y a beaucoup de musique, il y a des chansons, il y a des éléments marionnettiques. Il y a trois personnages de conteurs qui vont incarner tous les personnages joués, les personnages de l’histoire racontée. La matière dramaturgique débordait, mais elle était précise. En répétition, Ximena Ferrer a approché le jeu par la notion de bouffon, à ne pas confondre avec le clown.
En Uruguay, il y a un carnaval. On y joue des scènes de théâtre improvisées en public. Nous, on n’improvise pas, on est très précis, mais je sens dans sa direction d’acteur qu’on travaille l’histoire avec cette dimension-là du conteur bouffon, qui s’adresse directement au public avec une certaine ironie. On a divisé la pièce en trois mouvements, comme dans une partition musicale. Je dirais qu’on approche la mise en scène de façon métonymique.
Par exemple, on utilise une très vieille et grande échelle de bois dans le spectacle. Elle devient par moments la chambre de la vieille actrice dans le refuge. Beaucoup plus tard dans la pièce, c’est une véritable échelle pour fixer des lampes au théâtre Victoria de Buenos Aires. On a beaucoup de plaisir, avec notre metteure en scène, à utiliser des signes, des éléments qui symbolisent plusieurs choses.