À l’affiche à la Salle Denise-Pelletier du 24 septembre au 18 octobre, c’est avec la présentation de RHINOCÉROS de IONESCO que s’ouvre avec panache la saison 2025-2026 du Théâtre Denise-Pelletier. Près de 30 ans après sa création au TDP, la pièce renaît sous le regard ciselé de MARIE-ÈVE MILOT (Mama, Docteure, Clandestines) qui signe sa première mise en scène au Théâtre Denise-Pelletier.
« Je veux faire résonner la fable : une population entière se métamorphose à une vitesse effroyable, se voit piétinée, et refuse d’y voir un danger, d’agir. On assiste à de grands piétinements, en ce moment même. C’est ma manière, à petite hauteur d’artiste, de le crier, de le dénoncer. » explique-t-elle.
Dans cette pièce écrite en 1959, œuvre emblématique du théâtre de l’absurde, le dramaturge franco-roumain EUGÈNE IONESCO alertait ses contemporains contre le pouvoir de subjugation du fascisme et de la pensée de groupe. Une mise en garde qui s’avère plus que jamais d’actualité, comme le soulignait dans les pages du Devoir, l’anthropologue, autrice et chroniqueuse Emilie Nicolas, le 6 février dernier. « Rhinocéros d’Eugène Ionesco (1959) reste à ce jour un outil pédagogique inestimable pour expliquer l’attrait du fascisme — et la difficulté d’y résister. »
Fable percutante, ce classique n’a pas pris une ride… et c’est regrettable ! Non sans tourner en dérision nos angles morts et nos contradictions, jaugeant où en est notre résistance à ne pas succomber à l’individualisme et à ne pas confondre collectivité et troupeau, RHINOCÉROS s’avance tambour battant vers la plus essentielle des contagions théâtrales, d’autant plus que les sirènes retentissent. À moins qu’elles ne chantent ?
Avec Anna Beaupré Moulounda (Mme Boeuf ), Lamia Benhacine (Dudard), Zoé Boudou (Daisy), Renaud Lacelle-Bourdon (Jean et Papillon), Christophe Payeur (Bérenger) et Gabriel Szabo (Botard).
DISTRIBUTIONS
DANS UNE VILLE SANS HISTOIRE, UN RHINOCÉROS SURGIT, FONÇANT À TOUTE ALLURE DEVANT LA TERRASSE D’UN CAFÉ OÙ SONT ATTABLÉS BÉRENGER, DAISY, JEAN ET D’AUTRES MEMBRES DE LEUR COMMUNAUTÉ. LE BRUIT COURT RAPIDEMENT QU’UNE ÉPIDÉMIE INÉDITE SE PROPAGE : UNE RHINOCÉRITE TRANSFORMERAIT LA POPULATION EN BÊTES CORNUES. À TRAVERS L’ÉTONNEMENT, LE DÉNI ET LA DÉSILLUSION, EXISTE-T-IL UN POUVOIR CITOYEN CAPABLE DE RÉSISTER À CETTE MÉTAMORPHOSE ? LA FABLE CRAQUE DE PARTOUT ET NOUS PLACE FACE AUX SYSTÈMES AUTOCRATIQUES QUI S’ENRACINENT SOURNOISEMENT AU DÉTOUR, POUR UN JOUR FRAPPER TOUT BONNEMENT À LA PORTE. LE TISSU SOCIAL SE DÉCOMPOSE ET, PEU À PEU, LA COLLECTIVITÉ S’ISOLE. BÉRENGER, DAISY, JEAN ET LES AUTRES JAUGENT ALORS LEUR POIDS FACE À L’ADVERSITÉ, PENDANT QUE S’EFFILOCHE LEUR SENTIMENT DE SÉCURITÉ, OU CE QU’IL EN RESTE. QUAND TOUTES NOS CERTITUDES S’EFFONDRENT, COMMENT RECONNAÎTRE NOS VÉRITABLES ALLIÉ·E·S ?
L’ÉQUIPE
Texte EUGÈNE IONESCO
Mise en scène MARIE-ÈVE MILOT
Avec ANNA BEAUPRÉ MOULOUNDA, LAMIA BENHACINE, ZOÉ BOUDOU,
RENAUD LACELLE-BOURDON, CHRISTOPHE PAYEUR et GABRIEL SZABO
Assistance à la mise en scène et régie JOSIANNE DULONG-SAVIGNAC
Soutien dramaturgique MARIE-CLAUDE ST-LAURENT
Scénographie PATRICE CHARBONNEAU-BRUNELLE
Costumes CYNTHIA ST-GELAIS
Lumières ÉTIENNE BOUCHER
Musique ANTOINE BERTHIAUME