D’où te vient l’idée de mélanger lutte, tragédie grecque et opéra rock ?

Qu’as-tu gardé de l’épopée de la guerre de Troie et des codes de la tragédie grecque, mais aussi du monde de la lutte ?

Toute la pièce est écrite en alexandrins québécois. Peux-tu nous parler de ce terrain de jeu autour des registres de langue et de la versification ?

Hilaire : Ce n’était surtout pas pour faire pompeux ! Je voulais créer une langue avec une forme de musicalité. C’est sûr qu’en pigeant entre autres chez Racine, je me suis rendu compte que l’alexandrin peut devenir très performatif et très drôle. En cassant le ton avec des expressions québécoises, en mélangeant les registres de langue et en jouant avec les rimes, on peut faire plein de blagues. On peut faire rimer le Roi Priam avec chokeslam, par exemple ! C’est là que le carré de sable est apparu : 4 ans d’écriture en alexandrins ! Au début, en écrire deux ou trois me prenait quelques heures et à la fin, j’en ai écrit 82 dans la même journée. C’est vraiment un muscle. Tu parles en alexandrins, tu penses en alexandrins. Tu comprends les mécanismes.

Aussi, au fil de mes recherches, je suis tombé sur le spécialiste du grec ancien Emmanuel Lascoux qui a entre autres traduit l’Odyssée et l’Iliade et qui soutient que leur façon de le prononcer était probablement plus proche du slam ou du rap qu’on le pense. Les gens venaient entendre un texte rimé, rythmé et punché. Ça m’a beaucoup inspiré dans l’écriture. Et finalement, même si on est chez les Grecs, je voulais créer une œuvre avec des références québécoises et que ça parle d’ici, de notre société. D’où l’idée de faire des alexandrins en québécois.

Justement, peux-tu nous parler des liens que tu fais avec la réalité politique québécoise ?

Les réactions du public sont essentielles au spectacle. Comment jouez-vous avec la foule ?