Avec
Yann Aspirot,
Agathe Foucault,
Zoé Girard,
Zoé Lajeunesse-Guy,
Maxime-Olivier Potvin,
Jérémie St-Cyr
et la voix de Simon Boudreault
► RENCONTRE AVEC LES ARTISTES :
Vendredi 30 octobre, après la représentation de 19h30.
Résumé
Transposant l’univers onirique de Boris Vian dans le Québec d’aujourd’hui, le Théâtre du Portage, en résidence à la Salle Fred-Barry, en conserve toute la sève. Ouvrier aisé, Colin tombe éperdument amoureux de Chloé, mais leur passion achoppe à cause de la maladie de celle-ci, affaiblie par un nénuphar qui pousse sur son poumon droit. Dès lors, leur quotidien prend des airs de marécage, entre les fleurs-remèdes achetées à fort prix et un monde du travail qui n’a que faire du bonheur de chacun. Quelqu’un veut un pianocktail ?
À l’aube de son 80e anniversaire, L’écume des jours connaît une nouvelle itération… masquée. Après Plastique, Félix Emmanuel – lauréat du Prix Françoise-Graton 2023 – et Zoé Girard récidivent dans l’exploration de personnages à la corporéité affirmée, questionnant, avec cette lucidité joueuse partagée avec Vian, l’emprise des intérêts financiers sur l’amour et l’amitié.
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Biographies
Mot de la direction artistique
– Par Félix Emmanuel et Zoé Girard –
Avec Le bonheur de chacun, nous misons sur le jeu masqué pour rendre justice à l’univers irrévérencieux de Boris Vian.
Pour donner vie à un masque, les émotions de l’interprète doivent circuler dans tout le corps, jusqu’au bout des doigts. Le jeu ainsi magnifié pousse les personnages jusque dans les derniers retranchements de leur humanité. L’un n’est pas vieux, il est mourant. L’autre n’est pas timide, il est écrasé par le regard des autres. Un troisième n’aime pas simplement, il vit pour l’amour. Dans le jeu masqué, tout est question de vie ou de mort. La magie s’opère et nous renvoie à une part profonde de notre propre humanité. Elle force l’introspection jusqu’à l’autodérision.
Au 16e siècle, chaque personnage de la commedia dell’arte (tradition masquée italienne) est une satire d’une classe spécifique de la société : Arlequin représente les pauvres, Pantalon la bourgeoisie, Doctore le monde médical… Au Théâtre du Portage, nous nous inspirons de ce principe pour imaginer des personnages actuels au parler québécois qui renvoient aussi à des classes sociales du Québec d’aujourd’hui.
Dans L’écume des jours, Vian pose un regard acide sur son époque. Avec plus d’une quarantaine de personnages décalés, l’auteur n’épargne personne : la classe ouvrière, l’intelligentsia, le clergé, la médecine… Il dépeint avec complexité et humour les multiples facettes d’une société pervertie par la productivité et la guerre. Nous y avons vu une riche occasion d’allier la force du masque et l’irrévérence de Vian. Nous avons imaginé les personnages de L’écume des jours comme s’ils vivaient à Montréal.
Dans Le bonheur de chacun, nous prenons des libertés par rapport à L’écume des jours. Cependant, nous conservons ce qui nous semble essentiel à l’univers de Vian : l’amour qui côtoie la violence, l’humour qui adoucit le tragique, la jeunesse face à la dureté du monde adulte, la nature humaine étouffée par une société-machine… Au cœur de ces oppositions, un problème demeure irrésolu, celui de concilier le bonheur de chacun et le bonheur de toustes.
« Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les Hommes, c’est celui de chacun. »
— Colin
Équipe
Assistance à la mise en scène, lumières et régie
Ariane Roy
Scénographie et accessoires
Camille Walsh
Masques
Zoé Girard
Costumes
Erica Schmitz
Composition sonore
Bernard Falaise
Conseil dramaturgique
Simon Boudreault
Chorégraphie du biglemoi
Yann Aspirot
Direction de production
Maude-Éloïse Brault
Direction technique
Sabrynna Bourgeois
Stagiaires
Marianne Campeau et Marguerite Gravel
Dans les médias
Nous, on a mis de l’avant l’élan de la jeunesse, l’amour, et la beauté des sentiments, ainsi que la dureté du monde adulte. C’est vraiment ça qui a été conservé. […] C’est une histoire d’amour !
– Félix Emmanuel et Zoé Girard, en entrevue avec La Presse
Adapter Boris Vian aujourd’hui, c’est forcément jouer avec un savant équilibre entre fantaisie, humour et aussi une certaine noirceur. [...] Le bonheur de chacun transpose l’univers de Vian dans la réalité contemporaine québécoise : le travail, l’argent, la maladie et les rapports de pouvoir s’invitent ainsi dans un récit où l’imaginaire permet de regarder notre époque autrement.
– Article de Virginie Julien-Burdin, Meve et cie
On est six interprètes, et il y a plus d'une trentaine de personnages. [...] Ça donne quelque chose où on ne s'ennuie pas, assurément ! C'est très dynamique, c'est éclaté, c'est drôle, c'est vivant.
– Zoé Girard, en entrevue dans Aux quotidiens (Canal M)