Comment as-tu accompagné les créateur·rice·s de Carmen, Requiem depuis le début ?

Qu’as-tu voulu garder principalement de l’œuvre de Bizet ?

Quelles ont été tes autres influences et inspirations musicales pour cette création ?

Peux-tu nous démêler tes chapeaux de musicologue, directeur musical et concepteur sur cette production ? En quoi consistent-ils ?

Quels sont tes sujets de recherche de prédilection comme musicologue ?

Je voue une affection toute particulière aux créateur·rice·s dont la musique est située en marge de ce qu’on appelle le « canon » traditionnel. Il existe une quantité ahurissante d’œuvres musicales de grande qualité dont l’exécution, la diffusion et la pérennité ont été ralenties, voire stoppées net par des facteurs personnels, historiques et/ou politiques. Compositrices pionnières, personnes issues de communautés marginalisées, victimes de répression et de censure ou simplement compositeur·rice·s mort·e·s trop tôt pour bénéficier d’une réelle reconnaissance – voilà autant de circonstances qui stimulent mon intérêt.

Toutes ces histoires ne sont évidemment pas tragiques. Mais quelles que soient les raisons qui ont « justifié » leur oubli, il est essentiel pour moi, à titre de musicologue, de mettre en valeur cette musique qui a été reléguée aux oubliettes. Il en va d’un devoir de mémoire collective.

Carmen VS Carmen, Requiem
Regards croisés sur un mythe moderne

– En partenariat avec l’Opéra de Montréal –

Comment un opéra né en 1875 continue de nous confronter à la liberté, au désir, à la violence et au souvenir ?

Dans cette capsule, Pierre Vachon, musicologue et directeur action sociale et éducation à l’Opéra de Montréal, et Jean-Frédéric Hénault-Rondeau, concepteur et directeur musical de la pièce de théâtre Carmen, Requiem, croisent leurs perspectives sur la force intacte du mythe.

Ils abordent le féminicide au cœur de l’œuvre, la manière dont les thèmes de Bizet ont marqué l’inconscient collectif, et comment Carmen, Requiem les réinvente à travers le prisme de la mémoire — fragmentaire, subjective, profondément humaine.