Avec
la troupe de
la Comédie-Française
Florence Viala et
Aymeline Alix
► RENCONTRE AVEC LES ARTISTES :
Mercredi 9 septembre, après la représentation de 19h30.
► Ateliers pour la relève en théâtre
Résumé
Adaptation de Vers le phare, chef-d’œuvre intime de Virginia Woolf, Lumières, lumières, lumières explore le passage du temps et de l’espoir à travers le souvenir d’un voyage sans cesse reporté. Dans sa libre réécriture, Evelyne de la Chenelière propose une plongée dans le flux de conscience de deux personnages du roman : Madame Ramsay, mère modèle, et Lily Briscoe, artiste farouchement indépendante. Ces deux femmes font résonner avec force les tensions toujours vives entre création et normes sociales.
Le spectacle marque une première coproduction entre la Comédie-Française et le Québec, à travers la compagnie Les songes turbulents. Deux traditions théâtrales, mais un même désir de circulation des œuvres, des voix et des imaginaires. Fidèles complices, le metteur en scène Florent Siaud et de la Chenelière, qui avaient signé À cause du soleil au TDP, affirment un théâtre de la vibration, de l’onirisme et de la fragilité.
Le texte est publié par les éditions Théâtrales.
Spectacle créé au Studio-Théâtre de la Comédie-Française à Paris en mai 2026.
SUPPLÉMENTAIRE
→ Lundi 14 septembre à 19h30 COMPLET
→ Samedi 12 septembre à 20h
Biographies
Mot du metteur en scène
Avec Lumières, lumières, lumières, Évelyne de la Chenelière braque la lumière sur deux figures opposées de Vers le phare, de Virginia Woolf (1927) : Madame Ramsay, femme généreuse mais corsetée par l’Angleterre victorienne, et Lily Briscoe, artiste peintre qui ose l’abstraction et peine à se plier aux normes du mariage hétérosexuel et de la maternité. À travers leur chassés-croisés, la pièce donne corps à un monde psychique traversé de conflits violemment refoulés et aux tensions intérieures qui déchiraient probablement Virginia Woolf elle-même.
La pièce n’obéit ni à un récit strictement chronologique ni à une logique véritablement naturaliste : elle déploie une fable élastique où passé et présent, scènes mondaines et flux de conscience, amour et haine s’entrelacent au point de susciter un impressionnisme de tous les instants. Cette construction kaléidoscopique fait apparaître l’existence comme un télescopage continu de sensations, de paroles et d’images.
En résonance avec cette écriture ondulatoire, il s’est moins agi pour nous de séparer réalisme et songe sur le plateau que d’observer comment ces deux régimes s’infiltraient mutuellement. La lumière, l’espace, le son, les costumes et la vidéo tentent ici de rendre sensible cette vie de la conscience, ce magma actif parsemé d’explosions, où une révolution intime, parfois imperceptible de l’extérieur, peut provoquer une véritable déflagration en-dedans. Cette réflexion vertigineuse sur les mondes intimes continue d’autant plus de nous concerner, aujourd’hui, qu’elle pose en fait la question de l’émancipation subjective : comment être libre, dans son corps, sa conscience, sa société ? Et qui sommes-nous vraiment, à travers toutes ces métamorphoses qui modulent notre moi ?
Loin d’y répondre de façon simpliste, Lumières, lumières, lumières ne frappe pas de front : son ironie souterraine agit dans l’ombre ; elle révèle les rapports de force autant que les douleurs de l’amour incompris ou le deuil devant le temps qui passe. Et cela sans perdre de vue les vertus cathartiques de l’humour.
Il y a probablement quelque chose d’accordé à l’écriture même de Lumières, lumières, lumières dans le fait que cette création, née à Paris de la rencontre entre la Comédie-Française et une équipe majoritairement québécoise, revienne aujourd’hui vers le Québec avant de poursuivre son mouvement à travers le Canada, de Montréal à Vancouver. Comme les vagues, les souvenirs et les temporalités qui ne cessent d’aller et venir dans l’univers woolfien, le spectacle voyage à son tour d’une rive à l’autre, se laissant traverser par de nouveaux lieux, des paysages marquants, de nouveaux publics.
Merci à chacune et chacun des artistes, interprètes et créateurs, ainsi qu’à toutes les équipes de la Comédie-Française et des Songes turbulents, d’avoir plongé avec nous dans cette matière miroitante, émouvante et exigeante. Merci au public de s’y aventurer à son tour, et de se laisser traverser par ses lumières, ses ombres et ses ressacs.
– Florent Siaud
Équipe
Assistance à la mise en scène
Natalie Van Parys et Mélodie Lupien
Scénographie
Romain Fabre
Costumes
Jean-Daniel Vuillermoz
Lumières
Nicolas Descôteaux
Conception sonore
Vincent Legault
Spatialisation sonore
Maxime Gamache
Vidéo
Éric Maniengui
Direction de production pour la tournée
Mélodie Lupien
Direction technique
Antoine Breton
Dans les médias
Une pure merveille ! [...] Un ravissement pour l’âme ! [...] Le très beau texte est défendu par deux actrices extraordinaires : Florence Viala et Aymeline Alix. Elles font partie de la troupe de la Comédie-Française et foulent pour la première fois les planches au Québec. Durant 60 minutes, le public est suspendu à leur jeu, fin et précis comme une dentelle.
– Critique de Luc Boulanger, La Presse
Un objet artistique étincelant des reflets irisés d’un diamant ambré. [...] Une pièce fascinante, fine, troublante et sobrement magnifique. [...] Il s’agit là d’une partition tout en subtilité et en nuances, que Florence Viala et Aymeline Alix livrent en alliant fouge et douceur, humour et mélancolie.
– Critique de Sophie Pouliot, Le Devoir
Florence Viala et Aymeline Alix sont absolument magnifiques ! Et je dois souligner la qualité de la mise en scène de Florent Siaud. Une magnifique scénographie [...] une heure de théâtre comme un rêve éveillé. C'est élégant, c'est délicat, c'est très intelligent dans sa façon de peindre ces portraits de femmes.
– Critique de Claudia Hébert à Tout un matin (Ici Première)
Un texte sublime, une mise en scène au diapason et des comédiennes issues de la plus grande tradition française. Lumières, lumières, lumières lance la saison théâtrale à Montréal de la plus éclatante façon.
– Critique de Mario Cloutier, JEU revue de théâtre
Tout le monde est conscient que c’est quelque chose de spécial. [...] Les deux actrices [Florence Viala et Aymeline Alix de la troupe de la Comédie-Française], avec cette création-là, vont venir au Québec [...] C’est miraculeux !
– Evelyne de La Chenelière en entrevue à Il restera toujours la culture (Ici Première)
Cette pièce est structurée de telle manière qu'on oscille entre les conversations concrètes, réelles, qui ont eu lieu, et qui glissent vers une sorte de tumulte de la pensée intérieure et de tout ce qui est inavouable, chaotique, parfois très drôle.
– Evelyne de La Chenelière en entrevue à Il restera toujours la culture (Ici Première)
J’ai fait dialoguer deux personnages qui ne se parlent pas beaucoup dans le roman, la mère de famille Mme Ramsay et l’artiste Lily Briscoe. Je voulais montrer une tension chez Virginia Woolf, entre l’ordre et l’harmonie d’un côté, et la liberté et l’aspiration à l’art de l’autre.
– Evelyne de la Chenelière, en entrevue avec La Presse
Il fallait que ce soit un texte contemporain québécois […] je trouvais important qu’il y ait d’autres voix francophones qui se fassent entendre sur les trois scènes de la Comédie-Française.
– Florent Siaud dans Le Devoir, à propos de cette première collaboration avec la Comédie-Française
Pour la première depuis l’an 2000, un texte de théâtre québécois sera présenté sur les planches de la Comédie-Française, célèbre institution parisienne. Écrite par Evelyne de la Chenelière, [...] la pièce met en scène deux femmes que tout semble opposer. D’un côté, Madame Ramsay, qui croit que le bonheur se trouve dans le mariage et la famille. De l’autre, son amie Lily Brisco, qui consacre son existence à son art, la peinture.
– La Presse
Librement inspirée de Vers le phare de Virginia Woolf, la pièce propose une traversée intérieure où se mêlent mémoire, désir et perception du temps. À travers les figures de Madame Ramsay et de l’artiste Lily Briscoe, Évelyne de la Chenelière explore les tensions entre liberté créatrice et normes sociales, dans une écriture marquée par le flux de conscience et une forte dimension onirique.
– JEU, revue de théâtre
Cette langue est faite pour prendre vie à travers le corps et le souffle des acteurs.
– Evelyne de la Chenelière, en entrevue avec Hugo Prévost, Pieuvre