Mots de la direction

Saison 2026-2027
Shows SDP 26-27 – 1920×1080
© Demande spéciale

Habiter l’horizon

Il y a de ces épreuves qu’on traverse où l’art agit comme un phare dans la nuit. C’est vers ce phare que nous nous tournons avec la saison 2026-2027. Cette saison qui marque la dernière imaginée avec Claude Poissant. Depuis juin 2025, le Théâtre Denise-Pelletier, ainsi que toute une communauté, a subi ce choc, connu ce deuil, mais voilà qu’après la tempête, survient le beau temps qui nous permet aujourd’hui de réaliser cette saison que Claude avait rêvée pour vous !

C’est un honneur de mener à bon port sa vision, de poursuivre ce qui donne tout le sens au TDP, cette institution qui nous précède et qui nous survivra. Ce lieu qui vibre encore et toujours grâce à vous, cher public, que vous soyez ado, adulte, professeur·e, néophyte, nouvellement arrivé·e, du quartier ou d’ailleurs, le Théâtre Denise-Pelletier est votre théâtre.

Ce lieu des premières fois. Ce lieu pour les fidèles de toujours.
Vous êtes aussi ce phare qui donne tout son sens à ce que nous vous présentons.

Stéphanie Laurin, directrice générale

 


 

Au départ ou à l’arrivée, l’attente parcourt cette saison 26-27 en pointillé. Celle d’un dialogue à coeur ouvert, celle d’un avenir libre de dettes, d’une vie meilleure sous d’autres cieux, d’un invité à l’aura de sauveur, et de combien d’autres univers lumineux qui ne demandent qu’à éclore.

Sur le grand plateau, la saison prend son envol grâce à LA MOUETTE du duo Catherine Vidal et Guillaume Corbeil, après son passage glorieux au Théâtre Prospero. Les amours impossibles et le discours sur l’art s’y incarnent en une troupe incandescente, l’âme russe de Tchekhov s’enracinant en sol québécois. Novembre permet à l’autrice Gabrielle Chapdelaine, par le mordant VOYAGE VOYAGE, de revisiter La trilogie de la villégiature de Goldoni, transportant en Italie la petite bourgeoisie d’ici. Le nouveau directeur artistique du TDP, Louis-Karl Tremblay, en embrasse la sonnante et trébuchante comédie. 2027 s’éclaire d’emblée avec LÀ OÙ JE ME TERRE, ce vibrant roman d’exil de Caroline Dawson, où elle se revoit de 7 ans à l’âge adulte, du Chili à Hochelaga, rappelant que l’immigration est tout sauf statistique. Nathalie Doummar en adapte le puissant regard sociologique, et j’en signe avec allégresse la mise en scène. Avec le printemps viendra EN ATTENDANT GODOT. Mais viendra-t-il enfin ? Dans une collaboration longtemps espérée avec le Théâtre Centaur, Eda Holmes insuffle un coup de jeunesse aux Didi et Gogo de Beckett, toujours maîtres de l’errance.

À la Salle Fred-Barry, ce sont les attentes qu’on déjoue, multipliant les formes, les voix et les chocs. À tout seigneur, tout honneur, la parole de notre cher Claude, dans l’esprit du café-théâtre, donne le coup d’envoi avec INFILTRER LES RÊVES – Regards croisés sur la dramaturgie de Claude Poissant. Le concepteur sonore innu Simon Riverin nous invite, avec KA UINAKSHESHET – Les enfants sales, à nous bander les yeux pour mieux entendre la réalité des pensionnats autochtones. Avec DuBunker et leur BÉLUGA, on passe au vote pour déconstruire l’intimidation, sur le chemin glissant de la rédemption. Deux créatrices signent leur premier texte : Kathleen Laurin-Mc Carthy prétend que, si LA NUIT M’AVALE, il est possible d’opposer à la pauvreté la richesse de la langue ; tandis que Kathy-Alexandra Retamal Villegas, en écho au focus chilien partagé avec Dawson, soupèse sans gêne les traumas intergénérationnels dans MEDEA LUZ.

Notre salle intime reçoit aussi de la belle visite, à commencer par la Comédie-Française qui, avec Les songes turbulents et son metteur en scène Florent Siaud, confèrent un nouvel écrin à LUMIÈRES, LUMIÈRES, LUMIÈRES, une partition d’Evelyne de la Chenelière nourrie du flux de conscience de Virginia Woolf. Puis de Sudbury nous provient GIANT MINE, une enquête pancanadienne sur les contrecoups de notre industrie minière, signée Marie-Ève Fontaine. Dans la joie des retrouvailles, le Théâtre du Portage poursuit sa résidence, saluant LE BONHEUR DE CHACUN, adaptation masquée de L’écume des jours de Vian. Le Clou célèbre la 10e édition du SCRIPTARIUM, en conviant les ados à façonner leur alter ego. Et les Créations Unuknu, après quelque 100 représentations à suer sang et eau, offrent dans la Salle Denise-Pelletier un match revanche à AGAMEMNON IN THE RING – Une guerre de Troie contre trois. Dans l’attente, il ne manque plus que vous, inestimable public, pour partager à la fois le temps et l’espace, mais surtout nos imaginaires.

Nicolas Gendron, coordonnateur artistique

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