Avec
Mariama Charron
Maxime Denommée,
Eveline Gélinas,
Simon Landry-Désy,
Jean-Moïse Martin,
Charlie Monty,
Noémie O’Farrell,
et Justin Simon
► RENCONTRE AVEC LES ARTISTES :
Le samedi 28 mars après la représentation de 16h.
Résumé
Jonathan Harker, jeune loup des nouvelles technologies, et sa brillante partenaire d’affaires Sophie sont invités à présenter leur singulière application qui analyse le sang humain au grand seigneur de la Silicon Valley, David Rand dit Dracula. Mais rattrapée par les comportements obsessifs de Renfield, son père, Sophie doit laisser Jonathan aller seul en Californie pour rencontrer le richissime biohacker. Mina, surdouée de physique quantique, s’inquiète des phénomènes étranges autour d’elle et de l’absence soudaine de Jonathan, son amoureux, jamais revenu du fameux rendez-vous. Le vampirique homme d’affaires aurait-il des intentions envers lui, envers elle ? Et où sort le soir sa sœur Lucy, adolescente qui aspire au hasard et à la gloire ? Qui est ce Maurice qui aime les prises de sang ? Et Lamia, vigile de Dracula, participe-t-elle à ce besoin de posséder les jeunes âmes chancelantes d’un monde qui multiplie les appâts virtuels ?
Marie-Claude Verdier (Seeker) conquiert l’univers incomparable de Bram Stoker et ose de grandes libertés pour créer ce Dracula, adaptant et transformant le mythique roman en une incursion dans le ventre des intelligences instantanées et des pouvoirs artifices. Sous la direction de Frédéric Dubois, ce nouveau règne de l’horreur explore les veines d’une société dont il faut comprendre les algorithmes pour bien sentir les contrecoups et prévoir les fossés sur le chemin de la vie. Mordant !
Biographies
Mot de l’autrice
Créer un monstre, c’est rassembler ses peurs.
Bram Stocker avait mis les siennes dans son roman, et moi j’insère celles qui me glacent dans cette adaptation très libre de son œuvre.
Dracula, c’est celui à qui on vend notre âme avec plaisir.
Pour être plus efficace. Plus connecté. Plus aimé.
Et toutes nos données comportementales (plus de 1200 sur notre téléphone)
Nourrissent des hommes dont les rêves sont peuplés de films de science-fiction des années 80.
Des hommes qui disent : « Je ne crois plus que la liberté et la démocratie sont compatibles. »
Des hommes qui rencontrent Jeffrey Epstein.
Des hommes qui aiment jouer à la guerre.
Des hommes qui possèdent des bunkers en Nouvelle-Zélande
Des hommes qui veulent s’enfuir sur Mars.
Des hommes qui rêvent d’immortalité.
Des hommes qui veulent faire des machines notre salut.
Le mot religion vient du latin « religare » : ce qui nous relie.
Ce qui nous relie, ce ne sont pas les réponses. Elles sont multiples et finales.
Ce sont les questions qui nous habitent. Qui débordent de nous. Qui nous chavirent. Qui nous heurtent.
Comme la mort.
Et c’est lorsque la mort nous regarde en face que ces rêves de réponses électroniques me sont apparus à la fois irrésistibles et vains.
Le décès de Claude Poissant, confident sur ce projet depuis des années, a été un choc.
Claude a été ce mentor et cet ami qui m’a donné confiance en ce texte.
Il a incarné ce roc où la vague du vampire se brise : par la beauté du mystère, par la quête incessante du sens, par l’attention, le regard lucide, mais doux, le rire, et cette passion de rassembler des familles afin de créer des œuvres éphémères.
Être ensemble ici et maintenant, dans un théâtre parmi des étrangers pour recevoir une pièce transmise par des êtres vivants, c’est pour moi une forme de résistance qui me donne espoir.
Je remercie l’équipe du théâtre Denise-Pelletier et du spectacle, Paul Lefebvre, Maxime Champagne et bien sûr Frédéric Dubois, qui a su continuer le dialogue avec patience, enthousiasme et complicité.
– Marie-Claude Verdier
Mot du metteur en scène
Croyez-vous aux vampires ? Moi, non !
En tout cas, pas à celui qui erre dans le roman de Bram Stocker (même si j’ai aimé en tourner les pages).
Mais je crois en ce qu’ils représentent.
Les vampires nous entourent. Ils nous ont rendus dépendants et serviles. De plus en plus, nous déléguons à ces créatures ce qui nous semble fastidieux et superflu. Nous sacrifions ce qui nous rend complexes pour, pensons-nous, simplifier nos vies parfois compliquées. Nous nous retrouvons devant des écrans plus isolés que jamais.
Qui sont-ils ?
Marie-Claude Verdier propose ici une hypothèse qui se vérifie de plus en plus. Elle nous arrive avec cette adaptation judicieuse dans laquelle les vampires sont dans nos poches, sonnant à tout moment, tentant de nous joindre, de nous distraire, de nous amuser ou nous rendre populaires. Elle invente un diable dans une cité lointaine qui attend que nous nous asservissions jusqu’à la dernière goutte de notre âme pour que lui existe.
Elle crée un groupe de camarades qui tombera dans le piège. Ensemble sur un divan, il se divisera pour mieux se retrouver… Mais à quel prix ?
Elle raconte un monde qui semble impossible et qui pourtant nous régit de plus en plus, nous dépossédant de notre imaginaire, aplatissant nos pensées et tout ce qui nous rend uniques, poétiques, humains.
J’ai peur.
Mais une chose me réconforte.
C’est que nous sommes ici, en ce moment, et que le théâtre, même s’il nous fait tous regarder vers un même endroit, nous offre toutes les directions, décloisonne nos esprits et nous rassemble autour d’une même émotion vive.
Il densifie nos rapports humains et nous sauve du banal.
Soyons donc audacieux, soyons sublimes ! Et résistons !
Je tiens à remercier toute l’équipe du TDP et du spectacle, Marie-Claude, Julie-Marie, Éric Cabana, l’ÉNT et les élèves de l’ÉNT (ma plus belle source d’optimisme), Les Écornifleuses, Patrice qui m’a dit : « vas-y », et Claude… Claude (♥️).
– Frédéric Dubois
Équipes
Assistance à la mise en scène et régie
Andrée-Anne Garneau
Scénographie
Pierre-Étienne Locas
Costumes
Linda Brunelle
Assistance aux costumes
Mila Molotchnikoff
Lumières
Renaud Pettigrew
Conception sonore
Frédéric Auger
Maquillages et coiffures
Véronique St-Germain
Accessoires
Maude Janvier
Stagiaire
Hugolin Jodoin-Michaud
Dans les médias
Mémorable scénographie !
– Critique de Luc Boulanger, La Presse
[...] cette ambitieuse production est un objet de beauté glacial et spectaculaire ! La scénographie du talentueux Pierre-Étienne Locas utilise avec maestria toute la profondeur de l’immense plateau du Théâtre Denise-Pelletier. Sous les éclairages magnifiques de Renaud Pettigrew, dans les beaux costumes de Linda Brunelle, les interprètes livrent avec conviction cette partition intrigante.
Proposition vraiment ambitieuse […] J’ai trouvé les adolescents incroyablement attentifs, ils étaient vraiment à l'écoute, je pense que les thèmes du spectacle allaient les rejoindre dans leur relation avec leur téléphone
– Critique de Claudia Hébert, Tout un matin (ICI première)
C’est fait avec une justesse […] L'autrice est passionnée de science-fiction […] Elle dénonce ici le culte porté à l’IA, l’attirance qui facilite la vie, et surtout elle juge les compagnies derrière tout ça […] Le jeu est juste, la scénographie est belle, le propos est intéressant […] C’est une belle adaptation !
– Critique d'Annick Terral, Libraire de force (CIBL) [à 1h51min]
Une distribution solide et équilibrée dont tous les membres livrent efficacement la marchandise durant 90 captivantes minutes […] Si vous êtes intrigué ou fasciné par le personnage de Dracula, cette réécriture du mythe saura fort probablement vous plaire.
– Critique de Daniel Raymond, ATUVU
La mise en scène de Frédéric Dubois, qui remplace Claude Poissant, se distingue par son ambition. Les espaces scéniques, conçus par Pierre-Étienne Locas, impressionnent par leur profondeur vertigineuse, évoquant une œuvre surréaliste de Salvador Dalí. Les costumes de Linda Brunelle complètent efficacement cet univers visuel.
– Critique de Michel Jolicoeur, BP Arts Média
Très souvent, les gens de Silicon Valley vont dire que la technologie, c’est neutre. Et je ne crois pas à ça. Je pense que la manière dont ces technologies sont créées, sont codées, est problématique. Je ne nie pas que certaines IA peuvent très bien servir, de manière ciblée, à des projets scientifiques. Mais prêter des qualités de Dieu — ils sont infaillibles et vont répondre à toutes nos questions — à des modèles de langage qui ne sont pas précis, c’est [en faire] une religion.
– Marie-Claude Verdier en entrevue dans Le Devoir
J’incarne Mina, une scientifique quantique qui est aussi une romantique. Elle est un peu une poétesse qui résiste à cette époque où l’on donne toutes nos informations à des machines. Elle a une foi dans la vie. C’est de la science-fiction, mais la réalité actuelle n’est-elle pas déjà science-fictionnesque ?
– Noémie O’Farrell en entrevue dans La Presse
On est allé vers une adaptation où Dracula est vraiment un Lord de la Silicon Valley. Il n'est plus dans les Carpates en Transylvanie, [...] Il soutire les données comme il soutire le sang.
– Discussion avec Marie-Claude Verdier, Mythe de rien
La version qu’elle [Marie-Claude Verdier] propose est une transposition complète, loin du XIXe siècle et des chauves-souris qui tournent autour d’un château isolé. On est dans un univers contemporain.
– Frédéric Dubois en entrevue avec Denis Daniel Boullé, Fugues
Espace Prof
Que ce soit pour la sortie d’un groupe d’élèves ou la sortie d’un niveau complet, le Théâtre peut recevoir jusqu’à 800 spectateurs par représentation, sauf dans de rares exceptions.